samedi 2 novembre 2013

« You get what you give » - Buddha


La dernière phrase que tu m’ais prononcée est : « Je ne suis pas heureux avec toi ». Je ne sais même pas comment exprimer la violence que m’infligent ces quelques mots. S’en suit un long silence, le regard hagard. Trop d’émotions tuent l’émotion ; entre les excès d’amour et les relents de haine tout est tellement exacerbé que le vide s’installe en moi. La première chose qui me vient en tête dès que je recouvre mes esprits est de fuir, ce que je ferais le soir même.  Tu es parti fumer une cigarette, j’ai franchi la porte, rien de plus ne s’est échangé et j’ai pris mon taxi en sachant que je ne te reverrai plus. Une semaine, c’est le temps que tu auras tenu avant de retomber dans tes contradictions. Je me doutais bien qu’il y avait quelque chose. Tu passais plus de temps sur ton téléphone que sur moi. Je me revois encore la veille, ramper aux pieds du lit pour subtiliser ton portable (pathétique) et découvrir que tu attendais quelqu’un d’autre. Tu ne voulais pas vivre seul, tu voulais que je vienne et à présent tu as besoin d’être avec toi-même et tu veux que je parte. Le soir même, par dépit je rejoins S. espérant trouver en lui du réconfort, des bras pour me soulager du poids que je porte en moi. Il est heureux de me voir, sans doute content d’avoir sa chance. Et là pendant quatre jours, je subis un véritable lavage de cerveau à coup d’alcool, de manque de sommeil et d’attente. Tous les deux vous êtes construits dans les mêmes matériaux. Ceux avec lesquels on fabrique des mecs paumés, sans espoir, sans but et dépourvu de tous sentiments qu’une vie trop dure a éradiqué de votre cœur.  Je passe d’un mec qui dort toute la journée à un autre qui ne dort jamais. A la fin de son boulot il est 2h du matin, nous nous asseyons avec ses amis sur le bord de la route jusqu’à 8h du matin, ensuite nous rentrons pensant peut-être enfin trouver un peu d’intimité mais ce n’est pas fini, petit déjeuner, toujours à la bière. Il faut ensuite que je te déshabille, que je te couche, que je te ramasse quand tu tombes du lit ou essuie la pisse quand trop imbibé d’alcool tu n’as pas le courage de te rendre aux chiottes. Le pire, c’est que l’un ou l’autre, je n’arrive pas à vous en vouloir. La vie vous a malmenés et maintenant ce sont ceux qui voudraient vous apporter stabilité et un peu de ciel bleu qui trinquent, mais même ça vous n’y croyez plus. Je réalise maintenant, que la fuite est parfois une solution de courage et la meilleure pour sauver sa peau. Que vais-je devenir maintenant ? Est-ce que moi aussi je vais finir par ne plus croire en rien ou vais-je me réveiller, écouter mes intuitions et enfin me décider à vivre pour moi. 


Music: Skindive "No More Good Guys"

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