samedi 28 septembre 2013

« Aucune force ne retiendrait de rougir une feuille d’érable »

Un épisode de ma vie s’est achevé là où il aurait dû commencer. C’est étrange tout de même cette « architecture de l’existence »; j’ai beau ne pas croire au destin, je dois admettre que quand « ça ne veut pas le faire » et bien « ça ne le fait pas » et ce, malgré toutes les bonnes intentions et la volonté investie. Je ne sais pas si cela tient au nombre treize ou si en plus d’une quelconque théorie métaphysique je dois aussi ajouter de la superstition à mes nouveaux concepts de vie, mais 2013 aura été une année de merde. Ô bien sûr, il y aura eu des bons moments, des voyages, des expériences mais aujourd’hui, c’est bien cher payer ces instants de plaisir. Le plaisir est éphémère, le bonheur est éternel où du moins les moments qui le composent. Que retient-on lorsqu’on embarque avec la grande faucheuse ? Quelles sont les dernières images ? Quand toute notre vie défile soit disant dans son intégralité, à toute vitesse dans ce qui nous reste de conscient, doit-on encore s’infliger tous les vécus « à la con » ? Nous sommes une machine à nous souvenir. Une odeur, une sensation, un visage croisé dans la rue et l’inconscient lui fait le reste. Il vous renvoi à la figure ce que vous vous êtes donné tant de peine à enfouir quelque part dans votre esprit et même sous une tonne d’autres conneries, aucun poids ne sera assez lourd pour empêcher un souvenir de refaire surface. Pourtant je me sentais bien dans cette ville, j’avais des projets, des ambitions, des envies. Comme un château de sable sur la plage, voilà que la marée monte et que l’eau salée vient menacer l’édifice, les grains de sable mouillés cèdent petit à petit, le château s’enfonce et devient bientôt qu’un tas ne ressemblant à plus grand-chose avant que la nature aplanisse ce qui fut si difficile à construire. Bientôt il ne reste plus rien, une plage déserte et le bruit incessant et régulier des vagues qui n’ont de cesse de lécher langoureusement la plage emmenant avec elle ces grains de sable qui eux, ont déjà oubliés ce qu’ils furent un jour. Alors, il faut repartir ? Oui… il le faut, reconstruire ailleurs… encore, et encore, là où il y a de la vie et de futurs souvenirs ; là où la vie veut absolument me mener.

 
Music: Kate Bush « Wild Man »
Picture: Mer by Setev

2 commentaires:

  1. je ne sais si ta prose est tienne ou empreinte mais je te constate encore plus tourmenté par les sentiments que ne l'ai été, ne le suis, ne le serai ... aie ! Belle plume à toi et profite demain sera très vite là ...

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