jeudi 29 août 2013

« Rien n’est plus réel que le rien » - Samuel Beckett

Il n’y a pas d’échelle de mesure pour la douleur sentimentale. Peut-être il y en a-t-il une pour la douleur physique entre une petite coupure et une jambe cassée. Mais pour la douleur sentimentale, il n’y a pas de degré inférieur ou supérieur : on souffre, point barre. J’ai tout essayé et à un moment donné, « il est sage de se rendre à l’évidence » une tournure légère pour admettre que la réalité peut-être effroyablement expéditive : ce n’est pas possible entre nous, du moins pas dans ces conditions. Nous ne nous comprenons pas. A coup de textos, de dials nous n’avons même plus assez de mots pour justifier nos désaccords. Alors, nous nous sommes dit au revoir. Connaissant mon penchant pour l’auto-flagellation j’ai supprimé tous les comptes où tu apparaissais. Cette nuit, je dormirai avec le téléphone dans une autre pièce depuis bien longtemps. Je sais que tu ne me contacteras pas. Les hommes que j’ai aimés ne l’ont jamais fait, c’est toujours moi qui ait eue cette faiblesse. Cette fois, il pourrait bien en être autrement. Je ne ressens ni déception, ni tristesse. Je pourrais ressentir un soulagement, une libération mais il n’en est rien. Tout ce qu’il me reste, c’est un vide, un vide immense et sans doute encore quelques interrogations ; plus sur moi que sur toi d’ailleurs, dont la première est : pourquoi cela doit toujours se passer et se terminer ainsi ? Je suis sorti, j’ai bu quelques verres histoire de me libérer de cet appartement aux tomettes ultra-lustrées à force d’y faire les cent pas. J’essaie de ne pas trop aller sur le balcon quand mon alcoolémie est borderline. La seule chose qui me libère, c’est le sommeil qui peine parfois à venir tant il m’arrive de ne pas dormir, trop concentré à compter les moutons. Peut-être, mes nuits me font-elles peur également car j’ai le risque de t’y croiser aussi.

 
Music: Archive "Again" 

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